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écologie et édition

l’écologie dans le monde

La déforestation des forêts primaires par l’agriculture intensive est souvent la conséquence de la production du soja pour l’alimentation des animaux en Europe ou aux États-Unis.

La destruction des forêts primaires du Nord, du Canada, de la Russie ou encore du nord de la Scandinavie, est beaucoup moins connue. Les pays nordiques ont la réputation de bien gérer leurs ressources et de protéger leurs forêts. Lorsque l’on fait allusion à la destruction des forêts primaires, c’est le plus souvent des forêts tropicales qu’il est question, problème que l’on associe au sous-développement, à la pauvreté, à l’absence de gouvernance ou à la corruption.

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les écosystèmes

Les forêts primaires sont des écosystèmes qui n’ont jamais été exploités de manière industrielle par l’homme. Près de 80 % de la biodiversité des terres émergées de la planète s’y concentrent et des dizaines de millions de personnes y vivent. Aujourd’hui, c’est plus de 80 % des forêts primaires qui ont été détruits, la plupart au cours de ces dernières décennies, et principalement par l’exploitation forestière pour le commerce du bois et pour l’industrie du papier. Les grands bassins de forêts primaires se trouvent en Amazonie, en Afrique dans le bassin du Congo, dans le sud-est asiatique en Indonésie ou en Papouasie Nouvelle-Guinée pour les forêts tropicales et équatoriales, au Canada, en Russie et, à plus petite échelle, dans le nord de la Scandinavie pour les forêts boréales.

L’industrie du papier qui a, en France, dans sa stratégie de communication, intégré les arguments environnementaux, met en avant l’argument suivant : « En France, consommer du papier fait du bien à nos forêts. »

C’est l’image d’une industrie du papier responsable, pratiquant une gestion durable des ressources forestières qui n’utiliserait que des déchets de scierie, des branches et le produit des coupes d’éclaircie, sans avoir d’impact sur la forêt. Ainsi les papetiers, en fabriquant du papier, aideraient à l’entretien des forêts, ce qui, par exemple, permettrait d’éviter les incendies. Mais si aucun bois n’est importé de forêts primaires pour la fabrication du papier en France – ce qui n’aurait aucun sens – et s’il n’y a plus aucune forêt primaire en Europe occidentale, 59,2 % de la consommation de papier en France restent cependant satisfaits par les importations.

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le papier importé

D’où vient ce papier importé ? Majoritairement des pays nordiques, les plus grands producteurs de papier au monde étant les Canadiens et les Finlandais. Pour la production de papier, les forêts primaires du Nord sont ainsi détruites, souvent en pratiquant la coupe à blanc – tous les arbres d’une parcelle sont coupés. Il s’ensuit une perte irréparable pour ces écosystèmes. Même si, dans certains cas, des arbres sont replantés, la forêt primaire est irrémédiablement perdue, tout comme la biodiversité qu’elle contenait.

On est donc assez loin de l’image d’un secteur industriel qui ne couperait aucun arbre et qui n’aurait aucun impact sur les forêts primaires…

En outre, les géants de l’industrie du papier développent, depuis plusieurs années, leur activité dans les pays du Sud, notamment en Asie du Sud-Est ou en Indonésie, et en Amérique latine, exerçant une pression supplémentaire sur des forêts tropicales déjà menacées de disparition. On peut estimer que près de 20 % du papier consommé viennent des régions de forêts primaires. Cette exploitation forestière contribue activement à la destruction de la biodiversité, menace la culture et les modes de vie des peuples indigènes qui vivent dans ces régions de forêts anciennes. De plus, ces forêts primaires sont indispensables pour lutter contre le réchauffement climatique et contre l’érosion des sols.

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une industrie lourde et polluante

C’est une industrie très polluante. Ces dernières décennies, l’industrie du papier en Europe a fait beaucoup d’efforts et l’évolution des législations a permis de réduire sensiblement, dans les pays occidentaux, son impact sur l’environnement. L’usage du chlore est en baisse et il n’est plus possible de rejeter les effluents dans les rivières.

En revanche, dans les pays en voie de développement l’impact des usines de papier sur l’environnement est considérable. Ce sont souvent des usines d’entreprises venues de l’Union européenne, mais qui n’appliquent pas les normes européennes lorsqu’elles s’installent en Argentine, au Brésil, en Inde ou en Chine.

S’ensuivent deux types de pollution : la pollution atmosphérique, due à des composés sulfurés et la pollution de l’eau liée aux effluents et, en particulier, à l’usage du chlore.

La consommation de papier en France a été multipliée par dix depuis 1950 : elle atteint aujourd’hui les chiffres impressionnants de 70 kg de papier par employé de bureau et par an. Chaque lecteur de livre a entre les mains une partie de la biodiversité de la planète. Si l’édition n’est pas le plus gros consommateur de papier, les volumes sont cependant très importants et l’ensemble des papiers à usage graphique représente 44 % de la consommation globale de papier en France. Or il existe des moyens de ne pratiquer aucune ponction sur les dernières forêts primaires, de produire du papier avec moins d’impact sur l’environnement, en utilisant du papier recyclé.

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le papier recyclé

Une tonne de papier recyclé épargne 17 arbres, 20 000 litres d’eau, l’équivalent de 1 000 litres de pétrole et de nombreux rejets polluants, tout en diminuant de moitié la quantité de CO2 relâché dans l’atmosphère. En renonçant au papier traditionnel pour un papier 100 % recyclé, il est possible d’économiser environ 90 % d’eau et 50 % d’énergie, sans compter la diminution de la pollution de l’eau et de l’air. Avec une tonne de vieux papiers, on peut obtenir 900 kg de papier recyclé, alors qu’il faut deux à trois tonnes de bois pour fabriquer une tonne de papier classique !

La qualité de ce type de papier a nettement évolué. Il y a encore peu de temps, le papier recyclé posait beaucoup de problèmes, il n’était pas assez fiable ni d’assez bonne qualité, surtout pour l’édition. Ce n’est plus le cas, les papiers recyclés actuels ne posent plus aucun problème pour les rotatives et offrent les qualités nécessaires pour répondre aux exigences des éditeurs.

Le papier recyclé est un produit à forte valeur ajoutée. Issu du recyclage, il est le produit de la valorisation d’un déchet. Cette économie du recyclage est bien sûr une démarche écologique. Elle est aussi une à la crise sociale que connaît l’industrie du papier. Elle subit un processus majeur de délocalisation de sa production vers les pays en voie de développement. Ce processus est tout à fait comparable au mouvement de délocalisation des autres secteurs de l’industrie dont les plus polluants, comme la sidérurgie ou le textile; Les adversaires du papier recyclé estiment que c'est une industrie polluante en raison des boues de désencrages du papier. Cependant, une grande partie de cette production se fait sans désencrage. Dans ce cas, l'encre reste dans le papier et les différentes teintes de blanc sont réalisées avec un apport plus ou moins important de papier blanc non souillé par de l'encre, par exemples les chutes des papetiers ou des imprimeurs (papier recyclés pré-consommation). De plus, les encres ne contiennent plus, en principe, de métaux lourds (comme le plomb) depuis vingt ans, et il existe des encres réalisées à partir de pigments végétaux.

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l’avenir du papier recyclé

Il serait tout à fait pertinent que les éditeurs de manuels scolaires adoptent le papier recyclé, dans le prolongement de la démarche de Belin. C’est un secteur très concentré, les volumes en jeu sont considérables pour une durée de vie des livres assez courte. En outre, ce serait un geste qui donnerait du poids à la démarche d’éducation à l’environnement et au développement durable. Ce serait en quelque sorte joindre le geste à la parole par souci de cohérence, mais aussi comme exemple pour les élèves. Après avoir lutté pour des cartables plus légers, en faisant pression sur les éditeurs pour des livres moins lourds, les parents d’élèves pourraient se mobiliser pour des cartables plus verts !

C’est par une mobilisation de la jeunesse, des lecteurs, des auteurs, mais aussi des libraires et des bibliothécaires que les mentalités des éditeurs pourront évoluer et qu’ils pourront prendre conscience qu’adopter une démarche en faveur du papier recyclé est non seulement un geste en faveur de la protection de l’environnement, mais aussi un outil de communication et de marketing. Bref, tous les arguments en faveur d’un changement de politique d’achat de papier du monde de l’édition sont là, pour un passage à l’acte

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le bilan Carbone®

L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) est l’un des principaux acteurs du développement durable. Elle a développé un logiciel qui permet de comptabiliser des émissions de gaz à effet de serre en direction des entreprises, des administrations et des collectivités territoriales. Cet outil, le BILAN CARBONE®, utile avant toute prise de décision, permet de réaliser une évaluation précise des émissions directes ou induites par l’activité de ces organismes.

La méthode BILAN CARBONE® permet d’évaluer les émissions pour connaître l’impact de l’organisme concerné sur le climat, d’identifier les marges de manœuvre à court et à long terme pour réduire ces émissions et de suivre leur évolution au cours des temps. Elle donne, en outre, des informations susceptibles de permettre l’évaluation du risque économique induit par le renchérissement de l’utilisation des combustibles fossiles et l’accroissement de la pression réglementaire. Elle constitue une méthode simple et innovante pour participer à la lutte contre le changement climatique et pour respecter des quotas d’émissions.

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industrie du livre et écologie

L'industrie du livre chevauche la vague écologique green, super green, méga green !

Le dernier rapport publié par l'industrie du livre ne fait mention ni de ventes, ni de lamentations sur le futur de la lecture, ni de tous les sujets usuellement traités. En revanche, il fait le point sur ce dont les livres sont faits. De papier, certes, mais dans le respect d'un écosystème écologique.

Une étude optimiste qui ne parle pas de ventes Environmental Trends and Climate Impacts (tendances environnementales et impacts climatiques) a été imprimée sur du papier recyclé à 50 %. Il dévoile une information importante : le monde du livre dévore 1,5 million de tonnes de papier et travaille activement à rendre sa production plus propre.

Mais tous les éditeurs ne sont pas à l'unisson. Du coup, les résultats sont inégaux : 60 % des éditeurs ont une politique d'utilisation de papier recyclé ou sont en train de la mettre en place. « Les 40 % restants ne prennent pas la question au sérieux ou ne souhaitent tout bonnement pas débourser un centime pour avancer dans la bonne direction. »

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la profession dans le futur

La profession conduit depuis plus de dix ans une réflexion sur le développement durable et saisit ce nouvel outil comme une opportunité.

Responsables et mobilisés, une fois encore les imprimeurs se lancent dans une nouvelle aventure, l'analyse de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Au contraire des papetiers, qui n'ont pas bien su communiquer auprès du grand public et gardent, malgré tous leurs efforts, l'image de destructeurs de forêts, les imprimeurs, eux, ont su transmettre, cahin-caha, depuis une dizaine d'années, une image positive. La fibre écologique s'est peu à peu enracinée dans le cœur des chefs d'entreprise à travers l’opération Imprim'Vert.

Les avancées technologiques encadrées par des constructeurs et des imprimeurs ont offert aux métiers graphiques une nouvelle impulsion. Les équipes ont appris les bons gestes. Certains sont allés au-delà et ont mobilisé chaque membre de l'entreprise afin d'obtenir la norme environnementale 14001. La certification de la chaîne de contrôle des approvisionnements de papier certifiés FSC et PEFC semble rencontrer le même succès médiatique qu'Imprim'Vert, car ces logos apposés sur les imprimés soulignent l'engagement conjoint du donneur d'ordre et de son prestataire. Quelques imprimeurs investissent dans la construction de bâtiments haute qualité environnementale (HQE).

Le Bilan Carbone s'inscrit alors dans la démarche d'une entreprise responsable qui veut mesurer sa sensibilité par rapport à l'énergie et aux transports. Ainsi, au vu de son bilan, un imprimeur au milieu des champs réfléchira par deux fois avant, par exemple, de s'équiper en numérique. Les courts tirages impliqueraient pour lui plus de transport et un Bilan Carbone revu à la hausse. À l'exportation, la question va se poser, car les kilomètres parcourus vont peser sur l'entreprise. Des partenariats locaux et lointains pourraient être préparés, dès aujourd'hui, afin de minimiser les coûts à venir.

Les imprimeurs ont su apprendre à gérer leurs déchets, leurs pollutions chimiques, rejets, effluents, etc. Dans la plupart des cas, ils sont arrivés à maîtriser les niveaux sonores. Parmi les expériences intéressantes, signalons celle menée par le groupe Prisma Presse, qui compte apposer d'ici la fin de l'année le label FSC ou PEFC sur tous ses titres et qui en conduit les bilans. Cet été, pour ses compensations carbone (notamment les déplacements aériens des équipes en 2007, 850 tonnes en équivalent CO2) l'éditeur a souscrit au projet Action Carbone de l'association GoodPlanet.org créée à l'initiative de Yann Arthus-Bertrand et finance ainsi un projet au Sénégal.

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une compensation volontaire

L'association travaille directement avec les porteurs de projet pour la constitution de leur portefeuille de crédits carbone (vérifié). à ce propos, GoodPlanet rappelle que la Charte de la compensation volontaire de l'ADEME définit la compensation comme « un mécanisme de financement par lequel une personne physique ou morale substitue partiellement ou totalement une réduction à la source de ses propres émissions en achetant auprès d'un tiers une quantité équivalente de crédits carbone. Le principe sous-jacent à la compensation carbone est qu'une quantité donnée de gaz à effet de serre émise dans un endroit peut être « compensée » par la réduction ou la séquestration d'une quantité équivalente de GES en un autre lieu. Ce principe de la neutralité géographique est au cœur des mécanismes mis en place par le protocole de Kyoto »

Mais, avant de compenser, il faut faire son bilan.

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