Noëlle RolletNoelle reduit  photo 044 265x300 Joie et malheur au prix Renaudot

Frédéric Beigbeder, consacré par le Renaudot, remercie avec sa modestie toute particulière : notre humble personnage, qui nous la joue, à notre plus grande stupéfaction, fragile écrivain plein de doutes sur lui-même, se dit encouragé et voit dans le prix qu'on lui décerne l'hommage que lui rendent des gens intelligents... Promis, il mettra moins de femmes à poil (sic) dans ses romans. Nous voilà rassurés.
À sa naissance, en 1925, le prix Renaudot était censé jouer le rôle d'anti-Goncourt. Pari gagné pour cette année, face à Marie NDiaye. Quant à son dessein de corriger d'éventuelles injustices commises par le jury concurrent... doit-on rappeler qu'étaient en lice pour le Goncourt Laurent Mauvignier et Jean-Philippe Toussaint ? Mais pas pour le Renaudot, il est vrai.
Sur ce choix épineux, qui ne nécessita pas moins de cinq tours, André Bourin, le doyen du jury du prix Renaudot, qui officiait depuis 1971, annonce sa démission. Ne parlons pas de dépit, lui-même ne mentionne aucun lien de cause à effet. Et les raisons de santé invoquées sont assurément assez valables et puissantes... surtout quand plus rien ne peut venir les contrebalancer.

novembre 2009

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